La spiruline, la production d’un aliment "High tech"
Selon les experts, trois quarts de la population mondiale souffrent de la malnutrition et de la faim. Oui, trois quarts de l’humanité ! Ce problème se pose avec plus d’acuité dans les pays en développement où les plus vulnérables sont les enfants et les femmes enceintes. Face au drame, beaucoup de pays se tournent vers l’utilisation des micro-algues alimentaires, telle la spiruline.
A la Réunion, un tel aliment aurait des avantages considérables, d’un côté pour l’exportation et l’aide humanitaire, d’autre côté pour pallier à une certaine autosuffisance alimentaire en cas de crise. Le climat y est extrêmement favorable et la mélasse de sucre pourrait grandement servir pour le processus de cette production.

Complémentaire très efficace dans la lutte contre la malnutrition du fait de sa composition remarquable (protéines, vitamines, fer et molécules de grande valeur), la spiruline est une algue microscopique qui pousse dans les eaux saumâtres, chaudes et ensoleillées. Elle a été identifiée au Tchad pour une première fois en 1940, puis redécouvert en 1950, toujours dans le même pays, avant qu’on s’aperçoive qu’elle a été déjà utilisée au Mexique.
Selon les spécialistes, on peut obtenir 13 tonnes de spiruline (contenant 60% de protéines) sur un hectare, contre seulement 2 à 8 tonnes de blé (contenant 12,5% de protéines) ou de maïs ((9% de protéines), contre 2 à 6 tonnes de soja (35 à 40%) ou de riz (8 à 12%). Il parait donc ostensiblement qu’un seul hectare de spiruline produit sept fois plus de protéines qu’un hectare de blé. La spiruline de plus, ne demande pas de bonnes terres, mais de l’eau tiède, saumâtre et du soleil.
Une étude portant sur 5.000 enfants indiens d’âge préscolaire a démontré l’étonnante efficacité d’une dose quotidienne unique d’un gramme de spiruline sur la déficience chronique en vitamine A, c’est-à-dire présentant le symptôme de la tache de Bilot sur la conjonctivite de l’œil, est passé de 80 à 10%. Cette étude démontre bien que de très faibles doses de spiruline suffisent déjà à réduire considérablement les risques de cécité et d’atteintes neurologiques consécutives à la déficience en vitamine A chez l’enfant
Par ailleurs, des analyses toxicologiques exhaustives, ainsi que des études nutritionnelles chez l’homme, jointes au fait de la consommation traditionnelle par les peuples du désert et au Mexique, prouvent sans équivoque la totale innocuité de cette denrée. Ce qui fait dire à certains chercheurs, qu’il s’agit simplement « d’un don de la nature ». La communauté scientifique s’accorde aujourd’hui sur les bienfaisances de ce produit, même si certains tests comparatifs par rapport à des groupes de malades ne sont aujourd’hui pas encore terminés.
Depuis une dizaine d’années, la plupart des pays en zone tropicale, mais aussi les pays autour du bassin méditerranéen, se sont lancés dans la production de cette algue. Si une partie de la population mondiale connaît et consomme le produit, il n’en demeure pas moins vrai que les moyens manquent encore pour en assurer une large promotion, accroître la production et l’intégrer définitivement dans les habitudes alimentaires.
D’ores et déjà, la spiruline est achetée en grande quantité par des organisations humanitaires pour pallier à des insuffisances alimentaires dans les régions de crise, surtout ces jours-ci lors de la catastrophe en Asie de Sud-Ouest. Pédiatres et gynécologues s’associent partout en Afrique à des projets de spiruline pour promouvoir ce micro-nutriment très utile, surtout aux femmes enceintes et aux enfants.
En Europe, ce produit est un alicament à la mode, un complément alimentaire pour couvrir une large gamme de carences en minéraux et vitamines possibles. A la Réunion, cette algue high-tech pourrait être un produit d’exportation de premier choix et contribuer à la richesse et aux créations d’emploi de cette île ! Résumé du Dr. Gérard Turbanisch
Pour toutes informations complémentaires : Spiruline.info/